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Chapitre 2

5. Méthode d'accès.

6. Contrôle d'erreurs (CRC).
7. Les paquets Ethernet.
8. Les protocoles de communication.

9. TCP/IP.


5. Méthode d'accès.

Une fois un équipement connecté physiquement sur le réseau, il faut qu'il puisse recevoir et envoyer des informations aux autres noeuds du réseau.

Dans le cas d'une topologie en anneau ou en bus (nous laisserons de côté le cas d'une vraie structure en étoile, devenue obsolète), chaque noeud accède au même câble; il s'agit donc d'un accès partagé, qu'il faut réglementer.

5.1 Tour de table.

Une des solution envisagée consiste à nommer sur le réseau une machine responsable de gérer les accès en attribuant un droit de parole à chaque noeud de façon régulière ou en fonction de priorités (un peu à la manière d'un processeur qui attribue des ressources CPU en fonction de l'importance des processus demandeurs); cette tâche est en général accomplie par le serveur central.

Cette méthode, appelée tour de table ou polling, tient difficilement compte des besoins réels de chaque noeud et ne permet pas une très grande souplesse; elle ne subsiste plus que dans certains gros systèmes à base de terminaux.

Il s'agit d'un système complètement déterministe.

5.2 Accès à jeton.

Le droit de parole est attribué au possesseur d'un jeton (token) qui circule sur le réseau. Le noeud qui possède le jeton peut disposer du réseau; il le restitue lorsqu'il a fini de transmettre ses informations; un autre noeud peut ainsi en disposer.

Cette méthode, adoptée par IBM (TokenRing), convient particulièrement bien aux réseaux en anneau (ring).

En fonction de la longueur totale du câble, du nombre de stations et du temps de latence (temps mis par le paquet d'information pour traverser l'équipement) de chacune des stations, il est possible de calculer exactement la disponibilité du réseau pour chaque noeud. Il s'agit donc d'un système déterministe.

Ce type de méthode (et en particulier les réseaux TokenRing) offre un bon comportement à pleine charge, puisque de toute manière un droit de parole est attribué à intervalles fixes. Par contre, lors de faible trafic, ce mode de fonctionnement est pénalisant, puisque même si aucun autre noeud ne manifeste le besoin d'émettre sur le réseau, l'équipement désirant accéder au réseau doit attendre son tour.

Les mécanismes réglant la gestion d'un tel réseau sont particulièrement délicats à mettre en oeuvre.

5.3. CSMA/CD - Ethernet.

Le protocole Ethernet se base sur la méthode d'accès appelée CSMA/CD (Carrier Sense Multiple Access / Collision Detection) développé par l'Université d'Hawai et convient particulièrement aux topologies en bus.

Nous allons procéder à une petite analogie avec le monde téléphonique:

Lorsque vous désirez entrer en communication avec un interlocuteur, vous composez le N° de téléphone désiré et espérez que la ligne soit libre; si vous entendez le signal 'occupé', vous essayez un moment plus tard.

CSMA/CD se base sur le même principe:

Chaque noeud du réseau est à l'écoute du réseau (si un paquet lui est destiné, il le lit), et lorsqu'un équipement désire émettre un paquet, il ne le fait que si personne d'autre n'est train de transmettre ses propres paquets. Si le réseau est 'occupé', il attend un moment (calculé de façon aléatoire) et essaye à nouveau.

Compte tenu des caractéristiques physiques d'un réseau, un paquet (paquet 1) peut être émis par un noeud mais pas encore détectable par l'équipement désirant émettre; celui- ci transmet son paquet (paquet 2) à l'instant où le 'paquet 1' est détectable: il en résulte une collision.


En cas de collision, les noeuds impliqués émettent un signal pour signaler de façon certaine l'événement à l'ensemble du réseau, puis essayent d'émettre à nouveau après un délai aléatoire.

Il en résulte qu'un tel réseau trop chargé fini par ne générer plus que des collisions, puisque tous les noeuds désirent émettre en même temps, alors que les 'plages' libres deviennent de moins en moins nombreuses.

On considère que les performances d'un tel réseau chutent après 30-40% de charge (3- 4 Mbits/s, à pondérer en fonction de différents paramètres, tels que la taille des paquets, le nombre de noeuds etc.).

La charge du réseau est donc un paramètre à surveiller de façon drastique si l'on ne veut pas se retrouver face à un réseau complètement surchargé et donc inutilisable.

Par contre, ses mécanismes sont relativement rustiques et sa mise en oeuvre assez simple.

Pour des raison de physique électrique, la taille maximum des paquets envoyés sur le réseau est de 1518 bytes (12144 bits). Il apparaît donc que l'information envoyée doit être découpée en un certain nombre de paquets pour être expédiée sur le réseau.


La taille minimum est de 64 bytes (512 bits).

L'équipement récepteur a pour charge de remettre les paquets dans le bon ordre (dans le cas où, prenant des chemins différents, les paquets arrivent désordonnés) et de les ré-assembler. Cette tâche est accomplie par les couches supérieures.


5.4. Segmentation physique Ethernet.

La segmentation physique d'un réseau permet de le séparer en différents sous-réseaux physiques. Le but recherché étant de diminuer le nombre de noeuds se partageant le même segment pour ainsi augmenter la bande-passante à disposition de chacun d'eux.

Statistiquement, le nombre de plages libres diminue avec l'augmentation du nombre de noeuds et le risque de collision croît de même.

En créant plusieurs sous-réseaux physiques (segments physiques), on diminue le risque de collision en créant plusieurs domaine de collision.

Cette segmentation est réalisée à l'aide d'équipements électroniques appelés Bridge ou Pont; si la segmentation physique correspond à une segmentation logique, il s'agit de Router ou Routeur. Cette notion sera développée au chapitre 11.

6. Contrôle d'erreurs (CRC).

Lorsqu'un paquet d'information est envoyé sur le réseau, rien ne garantit qu'il parvienne à son destinataire en bon état: en effet, selon la qualité du média, des parasites et autres perturbations électromagnétiques peuvent détériorer le signal électrique et, par exemple, faire passer une valeur binaire de '1' à '0', ce qui peut rendre l'information inutilisable.

Lors d'une conversation téléphonique, les deux interlocuteurs sont capables de reconstituer les bouts d'information rendus inaudibles, ce qui n'est pas le cas lors d'une transmission de données. Il faut donc s'assurer que l'information reçue est conforme à l'information envoyée.

A cette fin, des mécanismes de contrôle d'erreur ont été mis en place au niveau des couches basses: il s'agit principalement du CRC (Cyclic Redundancy Code).

Le CRC représente une fonction mathématique (un binôme) redonnant une valeur calculée sur la valeur binaire du paquet, cette valeur étant calculée par l'équipement expéditeur pour chaque paquet envoyé et ajouté à la fin des paquets. L'équipement récepteur calcule à son tour le CRC: si la valeur correspond au CRC reçu, il considère le paquet comme dépourvu d'erreur; dans le cas contraire, il ne le réceptionne pas.


Le comportement de l'équipement récepteur, en cas d'erreur, dépend de son protocole:

-1. Il peut demander immédiatement le renvois du paquet en erreur (NetWare, par exemple), ce qui provoque un trafic important, surtout si l'on songe que chaque paquet correcte est acquitté au moyen d'un paquet d'accusé de réception (aknowledgment).

Cette méthode est relativement simple à gérer.


-2. Il peut attendre l'arrivée d'un certain nombre de paquets, et demander ensuite le renvois des paquets en erreur (TCP/IP). Cette méthode génère un trafic moins important, puisqu'un seul paquet d'accusé de réception est envoyé pour un certain nombre de paquets reçus (ce nombre varie en fonction de la taille de la fenêtre de réception ).


-3. Il peut ignorer l'événement, valider le paquet, et laisser les applications gérer le problème (en provoquant une erreur, dans le pire des cas...): par ex. UDP/IP.

Cette solution rustique est rarement utilisée; dans ce cas, les applications doivent mettre elles-mêmes en place des solutions de contrôle.


On voit que la complexité du travail de gestion d'erreur (appelée aussi gestion de flux, si l'on tient compte de la gestion de l'engorgement qui pourrait se produire si l'équipement récepteur n'arrive plus à réceptionner correctement les paquets pour cause de saturation) dépend de la qualité du service fourni par le protocole de communication.

7. Les paquets Ethernet.

Un paquet Ethernet est composé, d'un point de vue logique, d'une suite de bits ayant une signification particulière en fonction de leur emplacement dans le paquet. Ce paquet est ensuite modulé (Manchester Bi-Phasé) afin d'être envoyé sous la forme d'un signal électrique sur les câbles du réseau.

Nous avons vu que la taille maximum d'un paquet est de 1518 bits et la taille minimum de 512 bytes.

- Les premiers bits servent de délimiteur de paquet et de préambule et ne sont utiles que d'un point de vue électrique (Start).

- La série de bits suivant représente l'adresse Ethernet de destination (appelée aussi adresse physique ou adresse MAC). Une adresse Ethernet est composée de 6 bytes, ce qui donne, dans un représentation hexadécimale, une suite du type '00 c0 a4 23 d4 02'; les 3 premiers bytes sont caractéristiques du fabricant, les 3 derniers appartenant en propre à l'équipement. Ces adresses sont uniques et attribuées par le fabricant.

Une adresse de type ff ff ff ff ff ff représente un broadcast, c'est-à-dire un message envoyé à tous les noeuds du réseau.

- Le troisième bloc de bits représente l'adresse Ethernet source, c'est-à-dire l'adresse propre de l'équipement.

- Le champ suivant représente soit le type de paquet, soit la longueur du paquet, en fonction du type de trame utilisées: Ethernet II ou 802.3.

C'est la raison qui impose de devoir travailler avec deux types de paquets dans des environnements particuliers (TCP/IP exige des paquets de type Ethernet II, tandis que NetWare peut accepter les deux types de paquets, en fonction de la configuration des serveurs).

- Le plus grand champ est composé des données et des éventuels caractères de remplissage. Ces données ne représentent pas les données finales utiles à l'application, mais correspondent au paquet issu de la couche précédente (rappelons-nous le modèle des poupées russes).

- les derniers bits donnent la valeur de CRC (Cyclic Redundancy Code) calculée par l'équipement émetteur.


8. Les protocoles de communication.

La notion de protocole de communication est assez vague: est considéré comme protocole tout ensemble de spécifications précisant les moyens logiciels et physiques qu'ont un ensemble d'équipements pour partager des informations (et par extension les logiciels permettant d'y répondre).

Nous différencierons les protocoles de bas niveau (correspondant aux couches basses, comme le protocole Ethernet) des protocoles de haut niveau.

Les protocoles de haut niveau permettent de structurer l'acheminement de l'information à travers le réseau (notamment en permettant l'adressage logique), la gestion des erreurs et le contrôle de flux ainsi que l'interaction avec les couches applicatives.

Nous mettrons par la suite en avant deux des protocoles utilisés sur le réseau des Hospices: TCP/IP et NetWare (Novell).

TCP/IP est issu du monde Unix et est en passe de s'imposer comme le protocole d'interconnexion idéal pour faire communiquer des équipements totalement différents (une sorte d'espéranto), NetWare étant le protocole de communication dédié à la bureautique par excellence.

8.1 Adressage logique.

L'adressage logique permet le regroupement d'équipements en fonction de leur localisation ou de leur appartenance à un groupe de travail et facilite la communication entre des machines distantes.

Reprenons notre analogie avec le monde téléphonique: les N° de téléphone sont regroupés par central téléphonique, puis par région etc. Lorsqu'un numéro est composé, l'appel est aiguillé en fonction des premiers numéros (qui représentent la région) jusqu'à atteindre l'abonné final (symbolisé par les derniers numéros).

Il en est de même pour le monde des communications informatiques: il serait en effet impossible de retrouver un équipement uniquement en fonction de son adresse physique (adresse Ethernet dans notre cas) puisqu'elle est répartie de façon aléatoire, son numéro dépendant du fabricant et de sa date de fabrication (l'adresse Ethernet '00 0c 02 d4 83 e0' pouvant se trouver sur le réseau des Hospices tandis que l'adresse '00 0c 02 d4 83 e1' sur celui de l'ONU à NewYork. Il faudrait ainsi tenir à jour une gigantesque base de données pour parvenir à faire communiquer ces deux machines).

En regroupant les adresses de façon logique, on permet donc un acheminement efficace et structuré. On parle de routage de l'information.

Ces adresses sont gérées localement sont contrôle d'un organisme international, afin d'éviter tout problème d'adresses à double (duplication d'adresses).

8.2 Gestion d'erreur et contrôle de flux.

Les protocoles des couches supérieures s'occupent de gérer les paquets reçus considérés en erreur (CRC faux, par exemple; ces couches hautes pouvant introduire leur propre système de détection d'erreur).

Ils peuvent demander à l'équipement émetteur le renvoi d'un ou de plusieurs paquets et acquitter les paquets reçus correctement (en fonction de la fenêtre de réception; si la fenêtre vaut 1, l'acquittement ou la demande de renvoi s'effectue après chaque paquet; si la fenêtre vaut n, après n paquets).

Dans le cas d'une ré-émision, il faut veiller à remettre les paquets dans le bon ordre.


Le contrôle de flux est réglé également à ce niveau: il vaut veiller à ce que l'équipement récepteur ne soit pas surchargé ou occupé à autre chose, sous peine de perte des paquets, donc de l'informations; les protocoles de haut niveau gèrent donc les communications en avertissant l'émetteur que l'équipement récepteur n'est pas prêt pour l'instant etc.

9. TCP/IP.

TCP/IP est un protocole de communication, issu du monde Unix, en passe de devenir le protocole de communication incontournable pour interconnecter des machines différentes.

TCP/IP est du reste le protocole utilisé sur le réseau mondial Internet.

Son développement est antérieur à la normalisation ISO et ses différentes couches ne correspondent donc pas exactement au modèle à 7 couches.

TCP/IP est, en fait, une suite de protocoles comprenant également une couche applicative et de services.

La couche basse, située juste en dessus d'Ethernet, est la couche IP (Internet Protocol). Elle s'occupe principalement de gérer l'adressage logique et d'assurer l'acheminement des paquets d'un noeuds à l'autre.

Les adresses logiques sont du type 155.105.50.47 et représente un groupe de 32 bits. Un masque (mask) du type 255.255.255.0 permet de créer des sous-ensembles logiques (subnet).

La couche haute, appelée TCP (Transmission Control Protocol), s'occupe de gérer les erreurs et de contrôler le flux en mettant en place des mécanismes de répétition de paquets et d'ajustage de fenêtre de réception (c'est-à-dire le nombre de paquets qu'il est possible de recevoir avant de les valider/invalider).

Cette couche détermine également quel est le service (application) transporté par le paquet au moyen d'un numéro de port; ces numéros de port sont normalisés et figurent en principe sur une table présente dans chaque équipement.

La suite de protocole TCP/IP met à disposition des services (applications) comme telnet (terminal à distance), ftp (File Transfert Protocol, pour l'échange de fichiers), nfs (Network File System, de SUN, pour permettre le partage de fichiers dans un environnement de type 'bureautique'), lp (Line Printer, pour les impressions), smtp (Simple Mail Transfer Protocol, pour la messagerie), http (HyperText Transfer Protocol - Worl-Wide Web) etc.

L'exemple suivant montre les imbrications des différentes couches lorsqu'une commande dir est effectuée depuis une session telnet sur une machine Vax fonctionnant avec le protocole TCP/IP.


9.1. Mécanismes d'adressage.

Les adresses logiques TCP/IP, attribuées localement, sont codées sur 32 bits et regroupées par convention en 4 bytes.


En mode binaire une adresse IP prend donc cette forme:

10011011 01101001 00110010 01000101

Traduit en mode décimal, on obtient 4 groupes de nombres compris entre 0 et 255 (2 puissance 8 = 256); dans notre exemple: 155.105.50.69

Ces adresses uniques sont attribuées par le NIC en fonction de la taille et de l'intérêt pour la communauté Internet de la société du demandeur. Une plage d'adresses lui est assignée (qui correspond à l'adresse de son réseau, libre à lui de disposer des adresses de cette plage).

Afin de permettre la création de groupes d'adressage différents, ce protocole met en place la notion de réseau (network), de sous-réseau (subnetwork) et de noeud (node), déterminés en fonction de leur classe.

(Pensons à nouveau au monde téléphonique, où il existe un indicatif par pays, puis par région etc.)

L'adresse du réseau est constituée des n premiers bits, l'adresse éventuelle du sous- réseau des m bits suivants et l'adresse du noeud des derniers bits.


Le nombre de bits attribués à l'adresse réseau (n), et au noeud plus l'éventuel sous- réseau (32-n) dépend de la classe de cette adresse.

Au niveau d'Internet (c'est-à-dire à l'échelle de la planète), c'est l'adresse du réseau qui est connue.

En fonction de la valeur des premiers bits, l'adresse sera déclarée de classe A, B ou C.

Si le premier bit est à 0, il s'agit d'une classe A (en décimal de 1.0.0.0 à 127.0.0.0)

Si les 2 premiers bits sont à 1 0, il s'agit d'une classe B (en décimal de 128.0.0.0 à 191.0.0.0).

Si les 3 premiers bits sont 1 1 0, il s'agit d'une classe C (en décimal de 192.0.0.0 à 254.0.0.0).

Une adresse de classe A est composée de 8 bits d'adresse de réseau et de 24 bits d'adresse de noeuds. Il y a donc potentiellement, au monde, 128 réseaux de classe A comprenant chacun quelques millions de noeuds (faites le calcul...).

Une adresse de classe B est composée de 16 bits d'adresse de réseau et de 16 bits d'adresse de noeuds. Il y a donc potentiellement quelque 16 000 réseau de classe B comprenant chacun environ 16 000 noeuds.

Une adresse de classe C est composée de 24 bits d'adresse de réseau et de 8 bits d'adresse de noeuds. Il y a donc potentiellement quelque millions d'adresses de réseau de classe C comprenant chacun 128 noeuds.

Une adresse du type 155.105.50.69 montre qu'il s'agit d'une adresse de classe B appartenant au réseau 155.105.0.0

9.1.1. Masques et sous-réseaux (subnets).

Afin de clairement identifier la partie de l'adresse représentant le réseau et celle appartenant au noeud, un masque (mask) est utilisé. Ce masque est composé de 32 bits: les bits représentant le réseau sont positionné à 1.

En conséquence, le masque pour un réseau de classe B se compose comme suit:

11111111 11111111 -- 00000000 00000000

10011011 01101001 -- 00110010 01000101

réseau -------------- noeud

et prend donc la valeur 255.255.0.0 en mode décimal.

Il est également possible de créer, au sein même du réseau de classe donnée, des sous- réseaux (subnet, ou segment logique, ou segment IP) destinés à créer des structures logiques au niveau du réseau d'entreprise.

Les masques de sous-réseau (subnetmask) ont été introduits à cet effet.

Une partie des bits d'adresse de noeud sont réservés pour définir les sous-réseaux; le nombre de bits dédiés à cette fin dépend du nombre de sous-réseaux que l'on veut créer (donc du nombre de noeuds potentiels qu'il y aura par sous-réseau).

Sur un réseau de classe B, il est ainsi possible de définir 254 sous-réseaux de 254 noeuds en choisissant un subnetmask de 8 bits.

11111111 11111111--11111111--00000000 10011011 01101001--00110010--01000101

réseau---------------- sous-réseau--- noeud

Dans ce cas de figure, le masque prend donc la valeur 255.255.255.0 en mode décimal.

Une adresse du type 155.105.50.69 montre qu'il s'agit d'une adresse de classe B appartenant au réseau 155.105.0.0 et au sous-réseau 50.

Les Routeurs permettent l'acheminement des paquets entre les différents réseaux et sous-réseaux.


9.2. Mécanismes de communication TCP/IP.

Afin de communiquer en mode TCP/IP, un équipement doit donc générer un paquet TCP, l'encapsuler dans un paquet IP puis le passer à la couche Ethernet qui le module et l'envoie sur le réseau.

La couche TCP a pour tâche d'identifier le service utilisé à l'aide de son n° de port (23 pour telnet, par exemple) et d'attribuer un n° à la session en cours (134 par exemple) afin d'identifier les paquets appartenant à une même session.

La couche IP ajoute l'adresse IP de l'équipement émetteur (adresse source) et celle de l'équipement destinataire.

La couche Ethernet, quant à elle, ajoute les adresses Ethernet de la source et de la destination, module le paquet et l'envoie sur le réseau selon CSMA/CD.

Le mécanisme inverse est effectué à la réception:

Le noeud destinataire repère le paquet qui lui est destiné grâce à son adresse Ethernet (!) et le transmet à la couche IP.

La couche IP effectue quelques vérifications et transmet la partie 'data' à la couche TCP qui détermine le type de service (n° port) mis à contribution et le n° de la session concernée.

On voit dans cet exemple que l'adresse IP n'est pas utilisée lors de la réception du paquet: en effet, lors de la réception, seule la couche Ethernet est mise à contribution car, pour récupérer un paquet transitant sur le réseau en fonction de son adresse logique (IP ou autre) il faudrait saisir chaque paquet et le passer à la couche chargée de l'adressage logique (couche IP ou autre) pour déterminer si ce paquet est à considérer ou non: il en résulterait une surcharge inutile de travail pour l'équipement récepteur.

Le lecteur attentif remarquera que l'adresse Ethernet (adresse physique) du noeud de destination n'est, a priori, pas connue puisqu'une connexion TCP/IP s'effectue sur son adresse IP logique.

Un mécanisme, appelé ARP (Address Resolution Protocol), est mis en place pour déterminer quelle adresse Ethernet correspond à l'adresse IP demandée.

Nous ne traiterons pas de ce cas précis dans ce fascicule. Un autre fascicule traitant de ce point particulier est à votre disposition auprès de l'auteur.

L'adresse IP est donc uniquement utilisée pour acheminer l'information à travers le réseau.

9.2.1 Noms logiques (DNS).

Comme est il vite fastidieux de connaître l'adresse IP de plusieurs dizaines de noeuds différents, un système de nom logique a été mis en place: il s'agit du service de nom DNS (Domain Name Service).

A chaque réseau correspond un nom particulier unique (nom de domaine, Domain Name).

A chaque noeud correspond également un nom unique.

Le nom du réseau (domaine) est attribué d'entente avec le responsable réseau local par le NIC.

La lecture s'effectue de droite à gauche: la partie de droite représente le réseau et la partie de gauche le noeud; par convention, les sociétés commerciales se voient attribuer le suffixe 'com', les organisations militaires le suffixe 'mil' et les écoles le suffixe 'edu'; les réseaux qui ne correspondent pas à ces critères peuvent être classés par pays ('fr' pour la france, 'uk' pour l'Angleterre etc. Il n'existe rien pour les Etats- Unis !).

.fr

Afin de différencier les réseaux faisant partie d'un même suffixe, un (ou plusieurs) nom représentatif de l'emplacement et de la nature du réseau est ajouté. (SERVpariS: servs).

servp.fr

Un nom de noeud est finalement ajouté selon une convention propre à l'organisation du réseau (n° de bureau, nom de l'utilisateur, type de la machine, nom commique etc.)

ap2500.servp.fr

Plusieurs noms peuvent être attribués à un même noeud: il y alors un nom canonique et des alias.

A ce stade, nous constatons qu'un noeud possède deux adresses logiques:

- une adresse IP de type 155.105.50.101

- une adresse 'nom' de type ap2500.servp.fr

La correspondance entre ces deux noms est établie soit à travers une table locale à l'équipement (ficher host) soit grâce à un serveur de nom (serveur DNS).

Le réseau Internet contenant des millions d'adresses IP (et ce nombre augmente chaque jour...), il est donc impossible de tenir à jour une telle table localement !

Les serveurs de noms offrant ce service, en principe deux (un de backup) par réseau, tiennent à jour l'ensemble des adresses IP (ainsi que le nom canonique et les alias correspondant) de leur réseau.

Ces serveurs de noms communiquent à l'échelle mondiale et peuvent ainsi redonner l'adresse de n'importe quel noeud du réseau Internet !

Lors de l'établissement d'une communication entre deux noeuds TCP/IP à l'aide d'un nom, le serveur DNS est tout d'abord interrogé; ce dernier retourne la valeur de l'adresse IP correspondant au nom demandé.



Lorsque deux noeuds se trouvent sur le même réseau (servp.ch par exemple), ils n'ont pas besoin d'utiliser le nom du réseau: la communication s'effectue sur leur seul nom (ap2500), car ils appartiennent au même domaine.

Certaines machines hôtes (hosts) d'Internet utilisent le nom logique pour vérifier l'identité de l'équipement essayant de se connecter. En absence de nom, la connexion peut être refusée !

9.3. UDP, SNMP, Mail.

UDP (User Datagram Protocol) est une couche haute située en dessus de IP et en parallèle avec TCP. Le mécanisme d'UDP est beaucoup plus rustique que TCP puisqu'il ne met pas en place de solution de renvois de paquet(s) en cas d'erreur ou de perte. Cette couche est peu utilisée, si ce n'est pour des applications ne nécessitant pas une garantie quant à la réussite de chaque transaction (tftp par exemple (Trivial File Transfert Protocol)).

UDP/IP et TCP/IP peuvent cohabiter sur le même équipement.



SNMP (Simple Network Managment Protocol) est le protocole standard de gestion d'équipement réseau. SNMP se situe au dessus de la couche UDP.

Pour pouvoir être géré à distance, un équipement doit évidemment supporter ce protocole.

Le système de messagerie (E-mail) SMTP (Simple Mail Transfer Protocol) permet l'échange de messages et de documents sur le réseau. SMTP est un service TCP/IP et nécessite un serveur de messagerie (serveur SMTP).

Ce serveur est en contact avec les serveurs de l'ensemble de la communauté Internet, ce qui permet ainsi d'envoyer des messages dans le monde entier.

Une adresse est composée du nom de la machine serveur SMTP précédé du signe '@' et du nom de la personne destinataire ou expéditrice du message.

Phil.ledoux@servp.fr

Les messages sont expédiés sur le serveur SMTP local (qui accueille l'expéditeur, celui-ci devant être au bénéfice d'un acompte sur cette machine) qui les transmet, via Internet au serveur SMTP du destinataire (lui-même propriétaire d'un acompte sur ce serveur).

Les messages et documents sont stockés sur le serveur SMTP du destinataire jusqu'à l'instant où celui-ci vient les rechercher (soit manuellement, soit automatiquement toutes les x minutes et/ou lorsque l'ordinateur personnel est mis en marche).

Eudora est le logiciel utilisé sur les PCs et Macintosh pour accéder au serveur SMTP (hola.hospvd.ch dans le cas du réseau des Hospices).

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