Chapitre
2
Une
fois un équipement connecté physiquement sur le réseau, il faut qu'il
puisse recevoir et envoyer des informations aux autres noeuds du réseau.
Dans
le cas d'une topologie en anneau ou en bus (nous laisserons de côté
le cas d'une vraie structure en étoile, devenue obsolète), chaque noeud
accède au même câble; il s'agit donc d'un accès partagé, qu'il faut
réglementer.
Une
des solution envisagée consiste à nommer sur le réseau une machine responsable
de gérer les accès en attribuant un droit de parole à chaque noeud de
façon régulière ou en fonction de priorités (un peu à la manière d'un
processeur qui attribue des ressources CPU en fonction de l'importance
des processus demandeurs); cette tâche est en général accomplie par
le serveur central.
Cette
méthode, appelée tour de table ou polling, tient difficilement
compte des besoins réels de chaque noeud et ne permet pas une très grande
souplesse; elle ne subsiste plus que dans certains gros systèmes à base
de terminaux.
Il
s'agit d'un système complètement déterministe.
Le
droit de parole est attribué au possesseur d'un jeton (token)
qui circule sur le réseau. Le noeud qui possède le jeton peut disposer
du réseau; il le restitue lorsqu'il a fini de transmettre ses informations;
un autre noeud peut ainsi en disposer.
Cette
méthode, adoptée par IBM (TokenRing), convient particulièrement
bien aux réseaux en anneau (ring).
En
fonction de la longueur totale du câble, du nombre de stations et du
temps de latence (temps mis par le paquet d'information pour traverser
l'équipement) de chacune des stations, il est possible de calculer exactement
la disponibilité du réseau pour chaque noeud. Il s'agit donc d'un système
déterministe.
Ce
type de méthode (et en particulier les réseaux TokenRing) offre un bon
comportement à pleine charge, puisque de toute manière un droit de parole
est attribué à intervalles fixes. Par contre, lors de faible trafic,
ce mode de fonctionnement est pénalisant, puisque même si aucun autre
noeud ne manifeste le besoin d'émettre sur le réseau, l'équipement désirant
accéder au réseau doit attendre son tour.
Les
mécanismes réglant la gestion d'un tel réseau sont particulièrement
délicats à mettre en oeuvre.
Le
protocole Ethernet se base sur la méthode d'accès appelée CSMA/CD (Carrier
Sense Multiple Access / Collision Detection) développé par l'Université
d'Hawai et convient particulièrement aux topologies en bus.
Nous
allons procéder à une petite analogie avec le monde téléphonique:
Lorsque
vous désirez entrer en communication avec un interlocuteur, vous composez
le N° de téléphone désiré et espérez que la ligne soit libre; si vous
entendez le signal 'occupé', vous essayez un moment plus tard.
CSMA/CD
se base sur le même principe:
Chaque
noeud du réseau est à l'écoute du réseau (si un paquet lui est destiné,
il le lit), et lorsqu'un équipement désire émettre un paquet, il ne
le fait que si personne d'autre n'est train de transmettre ses propres
paquets. Si le réseau est 'occupé', il attend un moment (calculé de
façon aléatoire) et essaye à nouveau.
Compte
tenu des caractéristiques physiques d'un réseau, un paquet (paquet 1)
peut être émis par un noeud mais pas encore détectable par l'équipement
désirant émettre; celui- ci transmet son paquet (paquet 2) à l'instant
où le 'paquet 1' est détectable: il en résulte une collision.

En
cas de collision, les noeuds impliqués émettent un signal pour signaler
de façon certaine l'événement à l'ensemble du réseau, puis essayent
d'émettre à nouveau après un délai aléatoire.
Il
en résulte qu'un tel réseau trop chargé fini par ne générer plus que
des collisions, puisque tous les noeuds désirent émettre en même temps,
alors que les 'plages' libres deviennent de moins en moins nombreuses.
On
considère que les performances d'un tel réseau chutent après 30-40%
de charge (3- 4 Mbits/s, à pondérer en fonction de différents paramètres,
tels que la taille des paquets, le nombre de noeuds etc.).
La
charge du réseau est donc un paramètre à surveiller de façon drastique
si l'on ne veut pas se retrouver face à un réseau complètement surchargé
et donc inutilisable.
Par
contre, ses mécanismes sont relativement rustiques et sa mise en oeuvre
assez simple.
Pour
des raison de physique électrique, la taille maximum des paquets envoyés
sur le réseau est de 1518 bytes (12144 bits). Il apparaît donc que l'information
envoyée doit être découpée en un certain nombre de paquets pour être
expédiée sur le réseau.

La
taille minimum est de 64 bytes (512 bits).
L'équipement
récepteur a pour charge de remettre les paquets dans le bon ordre (dans
le cas où, prenant des chemins différents, les paquets arrivent désordonnés)
et de les ré-assembler. Cette tâche est accomplie par les couches supérieures.
La
segmentation physique d'un réseau permet de le séparer en différents
sous-réseaux physiques. Le but recherché étant de diminuer le nombre
de noeuds se partageant le même segment pour ainsi augmenter la bande-passante
à disposition de chacun d'eux.
Statistiquement,
le nombre de plages libres diminue avec l'augmentation du nombre de
noeuds et le risque de collision croît de même.
En
créant plusieurs sous-réseaux physiques (segments physiques), on diminue
le risque de collision en créant plusieurs domaine de collision.
Cette
segmentation est réalisée à l'aide d'équipements électroniques appelés
Bridge ou Pont; si la segmentation physique correspond à une
segmentation logique, il s'agit de Router ou Routeur. Cette notion
sera développée au chapitre 11.
Lorsqu'un
paquet d'information est envoyé sur le réseau, rien ne garantit qu'il
parvienne à son destinataire en bon état: en effet, selon la qualité
du média, des parasites et autres perturbations électromagnétiques peuvent
détériorer le signal électrique et, par exemple, faire passer une valeur
binaire de '1' à '0', ce qui peut rendre l'information inutilisable.
Lors
d'une conversation téléphonique, les deux interlocuteurs sont capables
de reconstituer les bouts d'information rendus inaudibles, ce qui n'est
pas le cas lors d'une transmission de données. Il faut donc s'assurer
que l'information reçue est conforme à l'information envoyée.
A
cette fin, des mécanismes de contrôle d'erreur ont été mis en
place au niveau des couches basses: il s'agit principalement du CRC
(Cyclic Redundancy Code).
Le
CRC représente une fonction mathématique (un binôme) redonnant une valeur
calculée sur la valeur binaire du paquet, cette valeur étant calculée
par l'équipement expéditeur pour chaque paquet envoyé et ajouté à la
fin des paquets. L'équipement récepteur calcule à son tour le CRC: si
la valeur correspond au CRC reçu, il considère le paquet comme dépourvu
d'erreur; dans le cas contraire, il ne le réceptionne pas.
Le
comportement de l'équipement récepteur, en cas d'erreur, dépend de son
protocole:
-1.
Il peut demander immédiatement le renvois du paquet en erreur (NetWare,
par exemple), ce qui provoque un trafic important, surtout si l'on songe
que chaque paquet correcte est acquitté au moyen d'un paquet d'accusé
de réception (aknowledgment).
Cette
méthode est relativement simple à gérer.

-2.
Il peut attendre l'arrivée d'un certain nombre de paquets, et demander
ensuite le renvois des paquets en erreur (TCP/IP). Cette méthode génère
un trafic moins important, puisqu'un seul paquet d'accusé de réception
est envoyé pour un certain nombre de paquets reçus (ce nombre varie
en fonction de la taille de la fenêtre de réception ).

-3.
Il peut ignorer l'événement, valider le paquet, et laisser les applications
gérer le problème (en provoquant une erreur, dans le pire des cas...):
par ex. UDP/IP.
Cette
solution rustique est rarement utilisée; dans ce cas, les applications
doivent mettre elles-mêmes en place des solutions de contrôle.

On
voit que la complexité du travail de gestion d'erreur (appelée aussi
gestion de flux, si l'on tient compte de la gestion de l'engorgement
qui pourrait se produire si l'équipement récepteur n'arrive plus à réceptionner
correctement les paquets pour cause de saturation) dépend de la qualité
du service fourni par le protocole de communication.
Un
paquet Ethernet est composé, d'un point de vue logique, d'une suite
de bits ayant une signification particulière en fonction de leur emplacement
dans le paquet. Ce paquet est ensuite modulé (Manchester Bi-Phasé) afin
d'être envoyé sous la forme d'un signal électrique sur les câbles du
réseau.
Nous
avons vu que la taille maximum d'un paquet est de 1518 bits et la taille
minimum de 512 bytes.
-
Les premiers bits servent de délimiteur de paquet et de préambule et
ne sont utiles que d'un point de vue électrique (Start).
-
La série de bits suivant représente l'adresse Ethernet de destination
(appelée aussi adresse physique ou adresse MAC). Une adresse
Ethernet est composée de 6 bytes, ce qui donne, dans un représentation
hexadécimale, une suite du type '00 c0 a4 23 d4 02'; les 3 premiers
bytes sont caractéristiques du fabricant, les 3 derniers appartenant
en propre à l'équipement. Ces adresses sont uniques et attribuées par
le fabricant.
Une
adresse de type ff ff ff ff ff ff représente un broadcast, c'est-à-dire
un message envoyé à tous les noeuds du réseau.
-
Le troisième bloc de bits représente l'adresse Ethernet source, c'est-à-dire
l'adresse propre de l'équipement.
-
Le champ suivant représente soit le type de paquet, soit la longueur
du paquet, en fonction du type de trame utilisées: Ethernet II
ou 802.3.
C'est
la raison qui impose de devoir travailler avec deux types de paquets
dans des environnements particuliers (TCP/IP exige des paquets de type
Ethernet II, tandis que NetWare peut accepter les deux types de paquets,
en fonction de la configuration des serveurs).
-
Le plus grand champ est composé des données et des éventuels caractères
de remplissage. Ces données ne représentent pas les données finales
utiles à l'application, mais correspondent au paquet issu de la couche
précédente (rappelons-nous le modèle des poupées russes).
-
les derniers bits donnent la valeur de CRC (Cyclic Redundancy Code)
calculée par l'équipement émetteur.

La
notion de protocole de communication est assez vague: est considéré
comme protocole tout ensemble de spécifications précisant les moyens
logiciels et physiques qu'ont un ensemble d'équipements pour partager
des informations (et par extension les logiciels permettant d'y répondre).
Nous
différencierons les protocoles de bas niveau (correspondant aux couches
basses, comme le protocole Ethernet) des protocoles de haut niveau.
Les
protocoles de haut niveau permettent de structurer l'acheminement de
l'information à travers le réseau (notamment en permettant l'adressage
logique), la gestion des erreurs et le contrôle de flux ainsi que l'interaction
avec les couches applicatives.
Nous
mettrons par la suite en avant deux des protocoles utilisés sur le réseau
des Hospices: TCP/IP et NetWare (Novell).
TCP/IP
est issu du monde Unix et est en passe de s'imposer comme le protocole
d'interconnexion idéal pour faire communiquer des équipements totalement
différents (une sorte d'espéranto), NetWare étant le protocole de communication
dédié à la bureautique par excellence.
L'adressage
logique permet le regroupement d'équipements en fonction de leur localisation
ou de leur appartenance à un groupe de travail et facilite la communication
entre des machines distantes.
Reprenons
notre analogie avec le monde téléphonique: les N° de téléphone sont
regroupés par central téléphonique, puis par région etc. Lorsqu'un numéro
est composé, l'appel est aiguillé en fonction des premiers numéros (qui
représentent la région) jusqu'à atteindre l'abonné final (symbolisé
par les derniers numéros).
Il
en est de même pour le monde des communications informatiques: il serait
en effet impossible de retrouver un équipement uniquement en fonction
de son adresse physique (adresse Ethernet dans notre cas) puisqu'elle
est répartie de façon aléatoire, son numéro dépendant du fabricant et
de sa date de fabrication (l'adresse Ethernet '00 0c 02 d4 83 e0' pouvant
se trouver sur le réseau des Hospices tandis que l'adresse '00 0c 02
d4 83 e1' sur celui de l'ONU à NewYork. Il faudrait ainsi tenir à jour
une gigantesque base de données pour parvenir à faire communiquer ces
deux machines).
En
regroupant les adresses de façon logique, on permet donc un acheminement
efficace et structuré. On parle de routage de l'information.
Ces
adresses sont gérées localement sont contrôle d'un organisme international,
afin d'éviter tout problème d'adresses à double (duplication d'adresses).
Les
protocoles des couches supérieures s'occupent de gérer les paquets reçus
considérés en erreur (CRC faux, par exemple; ces couches hautes pouvant
introduire leur propre système de détection d'erreur).
Ils
peuvent demander à l'équipement émetteur le renvoi d'un ou de plusieurs
paquets et acquitter les paquets reçus correctement (en fonction de
la fenêtre de réception; si la fenêtre vaut 1, l'acquittement ou la
demande de renvoi s'effectue après chaque paquet; si la fenêtre vaut
n, après n paquets).
Dans
le cas d'une ré-émision, il faut veiller à remettre les paquets dans
le bon ordre.

Le
contrôle de flux est réglé également à ce niveau: il vaut veiller à
ce que l'équipement récepteur ne soit pas surchargé ou occupé à autre
chose, sous peine de perte des paquets, donc de l'informations; les
protocoles de haut niveau gèrent donc les communications en avertissant
l'émetteur que l'équipement récepteur n'est pas prêt pour l'instant
etc.
TCP/IP
est un protocole de communication, issu du monde Unix, en passe de devenir
le protocole de communication incontournable pour interconnecter des
machines différentes.
TCP/IP
est du reste le protocole utilisé sur le réseau mondial Internet.
Son
développement est antérieur à la normalisation ISO et ses différentes
couches ne correspondent donc pas exactement au modèle à 7 couches.
TCP/IP
est, en fait, une suite de protocoles comprenant également une couche
applicative et de services.
La
couche basse, située juste en dessus d'Ethernet, est la couche IP
(Internet Protocol). Elle s'occupe principalement de gérer l'adressage
logique et d'assurer l'acheminement des paquets d'un noeuds à l'autre.
Les
adresses logiques sont du type 155.105.50.47 et représente un groupe
de 32 bits. Un masque (mask) du type 255.255.255.0 permet de
créer des sous-ensembles logiques (subnet).
La
couche haute, appelée TCP (Transmission Control Protocol), s'occupe
de gérer les erreurs et de contrôler le flux en mettant en place des
mécanismes de répétition de paquets et d'ajustage de fenêtre de réception
(c'est-à-dire le nombre de paquets qu'il est possible de recevoir avant
de les valider/invalider).
Cette
couche détermine également quel est le service (application) transporté
par le paquet au moyen d'un numéro de port; ces numéros de port
sont normalisés et figurent en principe sur une table présente dans
chaque équipement.
La
suite de protocole TCP/IP met à disposition des services (applications)
comme telnet (terminal à distance), ftp (File Transfert
Protocol, pour l'échange de fichiers), nfs (Network File System,
de SUN, pour permettre le partage de fichiers dans un environnement
de type 'bureautique'), lp (Line Printer, pour les impressions),
smtp (Simple Mail Transfer Protocol, pour la messagerie), http
(HyperText Transfer Protocol - Worl-Wide Web) etc.
L'exemple
suivant montre les imbrications des différentes couches lorsqu'une commande
dir est effectuée depuis une session telnet sur une machine
Vax fonctionnant avec le protocole TCP/IP.

Les
adresses logiques TCP/IP, attribuées localement, sont codées sur 32
bits et regroupées par convention en 4 bytes.

En
mode binaire une adresse IP prend donc cette forme:
10011011
01101001 00110010 01000101
Traduit
en mode décimal, on obtient 4 groupes de nombres compris entre 0 et
255 (2 puissance 8 = 256); dans notre exemple: 155.105.50.69
Ces
adresses uniques sont attribuées par le NIC en fonction de la taille
et de l'intérêt pour la communauté Internet de la société du demandeur.
Une plage d'adresses lui est assignée (qui correspond à l'adresse de
son réseau, libre à lui de disposer des adresses de cette plage).
Afin
de permettre la création de groupes d'adressage différents, ce protocole
met en place la notion de réseau (network), de sous-réseau (subnetwork)
et de noeud (node), déterminés en fonction de leur classe.
(Pensons
à nouveau au monde téléphonique, où il existe un indicatif par pays,
puis par région etc.)
L'adresse
du réseau est constituée des n premiers bits, l'adresse éventuelle du
sous- réseau des m bits suivants et l'adresse du noeud des derniers
bits.

Le
nombre de bits attribués à l'adresse réseau (n), et au noeud plus l'éventuel
sous- réseau (32-n) dépend de la classe de cette adresse.
Au
niveau d'Internet (c'est-à-dire à l'échelle de la planète), c'est l'adresse
du réseau qui est connue.
En
fonction de la valeur des premiers bits, l'adresse sera déclarée de
classe A, B ou C.
Si
le premier bit est à 0, il s'agit d'une classe A (en décimal
de 1.0.0.0 à 127.0.0.0)
Si
les 2 premiers bits sont à 1 0, il s'agit d'une classe B (en
décimal de 128.0.0.0 à 191.0.0.0).
Si
les 3 premiers bits sont 1 1 0, il s'agit d'une classe C (en
décimal de 192.0.0.0 à 254.0.0.0).
Une
adresse de classe A est composée de 8 bits d'adresse de réseau et de
24 bits d'adresse de noeuds. Il y a donc potentiellement, au monde,
128 réseaux de classe A comprenant chacun quelques millions de noeuds
(faites le calcul...).
Une
adresse de classe B est composée de 16 bits d'adresse de réseau et de
16 bits d'adresse de noeuds. Il y a donc potentiellement quelque 16
000 réseau de classe B comprenant chacun environ 16 000 noeuds.
Une
adresse de classe C est composée de 24 bits d'adresse de réseau et de
8 bits d'adresse de noeuds. Il y a donc potentiellement quelque millions
d'adresses de réseau de classe C comprenant chacun 128 noeuds.
Une
adresse du type 155.105.50.69 montre qu'il s'agit d'une adresse de classe
B appartenant au réseau 155.105.0.0
Afin
de clairement identifier la partie de l'adresse représentant le réseau
et celle appartenant au noeud, un masque (mask) est utilisé.
Ce masque est composé de 32 bits: les bits représentant le réseau sont
positionné à 1.
En
conséquence, le masque pour un réseau de classe B se compose comme suit:
11111111
11111111 -- 00000000 00000000
10011011
01101001 -- 00110010 01000101
réseau
-------------- noeud
et
prend donc la valeur 255.255.0.0 en mode décimal.
Il
est également possible de créer, au sein même du réseau de classe donnée,
des sous- réseaux (subnet, ou segment logique, ou segment IP)
destinés à créer des structures logiques au niveau du réseau d'entreprise.
Les
masques de sous-réseau (subnetmask) ont été introduits à cet
effet.
Une
partie des bits d'adresse de noeud sont réservés pour définir les sous-réseaux;
le nombre de bits dédiés à cette fin dépend du nombre de sous-réseaux
que l'on veut créer (donc du nombre de noeuds potentiels qu'il y aura
par sous-réseau).
Sur
un réseau de classe B, il est ainsi possible de définir 254 sous-réseaux
de 254 noeuds en choisissant un subnetmask de 8 bits.
11111111
11111111--11111111--00000000 10011011 01101001--00110010--01000101
réseau----------------
sous-réseau--- noeud
Dans
ce cas de figure, le masque prend donc la valeur 255.255.255.0 en mode
décimal.
Une
adresse du type 155.105.50.69 montre qu'il s'agit d'une adresse de classe
B appartenant au réseau 155.105.0.0 et au sous-réseau 50.
Les
Routeurs permettent l'acheminement des paquets entre les différents
réseaux et sous-réseaux.
Afin
de communiquer en mode TCP/IP, un équipement doit donc générer un paquet
TCP, l'encapsuler dans un paquet IP puis le passer à la couche Ethernet
qui le module et l'envoie sur le réseau.
La
couche TCP a pour tâche d'identifier le service utilisé à l'aide de
son n° de port (23 pour telnet, par exemple) et d'attribuer un n° à
la session en cours (134 par exemple) afin d'identifier les paquets
appartenant à une même session.
La
couche IP ajoute l'adresse IP de l'équipement émetteur (adresse source)
et celle de l'équipement destinataire.
La
couche Ethernet, quant à elle, ajoute les adresses Ethernet de la source
et de la destination, module le paquet et l'envoie sur le réseau selon
CSMA/CD.
Le
mécanisme inverse est effectué à la réception:
Le
noeud destinataire repère le paquet qui lui est destiné grâce à son
adresse Ethernet (!) et le transmet à la couche IP.
La
couche IP effectue quelques vérifications et transmet la partie 'data'
à la couche TCP qui détermine le type de service (n° port) mis à contribution
et le n° de la session concernée.
On
voit dans cet exemple que l'adresse IP n'est pas utilisée lors de la
réception du paquet: en effet, lors de la réception, seule la couche
Ethernet est mise à contribution car, pour récupérer un paquet transitant
sur le réseau en fonction de son adresse logique (IP ou autre) il faudrait
saisir chaque paquet et le passer à la couche chargée de l'adressage
logique (couche IP ou autre) pour déterminer si ce paquet est à considérer
ou non: il en résulterait une surcharge inutile de travail pour l'équipement
récepteur.
Le
lecteur attentif remarquera que l'adresse Ethernet (adresse physique)
du noeud de destination n'est, a priori, pas connue puisqu'une
connexion TCP/IP s'effectue sur son adresse IP logique.
Un
mécanisme, appelé ARP (Address Resolution Protocol), est mis en place
pour déterminer quelle adresse Ethernet correspond à l'adresse IP demandée.
Nous
ne traiterons pas de ce cas précis dans ce fascicule. Un autre fascicule
traitant de ce point particulier est à votre disposition auprès de l'auteur.
L'adresse
IP est donc uniquement utilisée pour acheminer l'information à travers
le réseau.
Comme
est il vite fastidieux de connaître l'adresse IP de plusieurs dizaines
de noeuds différents, un système de nom logique a été mis en place:
il s'agit du service de nom DNS (Domain Name Service).
A
chaque réseau correspond un nom particulier unique (nom de domaine,
Domain Name).
A
chaque noeud correspond également un nom unique.
Le
nom du réseau (domaine) est attribué d'entente avec le responsable réseau
local par le NIC.
La
lecture s'effectue de droite à gauche: la partie de droite représente
le réseau et la partie de gauche le noeud; par convention, les sociétés
commerciales se voient attribuer le suffixe 'com', les organisations
militaires le suffixe 'mil' et les écoles le suffixe 'edu'; les réseaux
qui ne correspondent pas à ces critères peuvent être classés par pays
('fr' pour la france, 'uk' pour l'Angleterre etc. Il n'existe rien pour
les Etats- Unis !).
.fr
Afin
de différencier les réseaux faisant partie d'un même suffixe, un (ou
plusieurs) nom représentatif de l'emplacement et de la nature du réseau
est ajouté. (SERVpariS: servs).
servp.fr
Un
nom de noeud est finalement ajouté selon une convention propre à l'organisation
du réseau (n° de bureau, nom de l'utilisateur, type de la machine, nom
commique etc.)
ap2500.servp.fr
Plusieurs
noms peuvent être attribués à un même noeud: il y alors un nom canonique
et des alias.
A
ce stade, nous constatons qu'un noeud possède deux adresses logiques:
-
une adresse IP de type 155.105.50.101
-
une adresse 'nom' de type ap2500.servp.fr
La
correspondance entre ces deux noms est établie soit à travers une table
locale à l'équipement (ficher host) soit grâce à un serveur
de nom (serveur DNS).
Le
réseau Internet contenant des millions d'adresses IP (et ce nombre augmente
chaque jour...), il est donc impossible de tenir à jour une telle table
localement !
Les
serveurs de noms offrant ce service, en principe deux (un de backup)
par réseau, tiennent à jour l'ensemble des adresses IP (ainsi que le
nom canonique et les alias correspondant) de leur réseau.
Ces
serveurs de noms communiquent à l'échelle mondiale et peuvent ainsi
redonner l'adresse de n'importe quel noeud du réseau Internet !
Lors
de l'établissement d'une communication entre deux noeuds TCP/IP à l'aide
d'un nom, le serveur DNS est tout d'abord interrogé; ce dernier retourne
la valeur de l'adresse IP correspondant au nom demandé.

Lorsque
deux noeuds se trouvent sur le même réseau (servp.ch par exemple), ils
n'ont pas besoin d'utiliser le nom du réseau: la communication s'effectue
sur leur seul nom (ap2500), car ils appartiennent au même domaine.
Certaines
machines hôtes (hosts) d'Internet utilisent le nom logique pour
vérifier l'identité de l'équipement essayant de se connecter. En absence
de nom, la connexion peut être refusée !
UDP
(User Datagram Protocol) est une couche haute située en dessus de IP
et en parallèle avec TCP. Le mécanisme d'UDP est beaucoup plus rustique
que TCP puisqu'il ne met pas en place de solution de renvois de paquet(s)
en cas d'erreur ou de perte. Cette couche est peu utilisée, si ce n'est
pour des applications ne nécessitant pas une garantie quant à la réussite
de chaque transaction (tftp par exemple (Trivial File Transfert
Protocol)).
UDP/IP
et TCP/IP peuvent cohabiter sur le même équipement.

SNMP
(Simple Network Managment Protocol) est le protocole standard de gestion
d'équipement réseau. SNMP se situe au dessus de la couche UDP.
Pour
pouvoir être géré à distance, un équipement doit évidemment supporter
ce protocole.
Le
système de messagerie (E-mail) SMTP (Simple Mail Transfer Protocol)
permet l'échange de messages et de documents sur le réseau. SMTP est
un service TCP/IP et nécessite un serveur de messagerie (serveur
SMTP).
Ce
serveur est en contact avec les serveurs de l'ensemble de la communauté
Internet, ce qui permet ainsi d'envoyer des messages dans le monde entier.
Une
adresse est composée du nom de la machine serveur SMTP précédé du signe
'@' et du nom de la personne destinataire ou expéditrice du message.
Phil.ledoux@servp.fr
Les
messages sont expédiés sur le serveur SMTP local (qui accueille l'expéditeur,
celui-ci devant être au bénéfice d'un acompte sur cette machine) qui
les transmet, via Internet au serveur SMTP du destinataire (lui-même
propriétaire d'un acompte sur ce serveur).
Les
messages et documents sont stockés sur le serveur SMTP du destinataire
jusqu'à l'instant où celui-ci vient les rechercher (soit manuellement,
soit automatiquement toutes les x minutes et/ou lorsque l'ordinateur
personnel est mis en marche).
Eudora
est le logiciel utilisé sur les PCs et Macintosh pour accéder au serveur
SMTP (hola.hospvd.ch dans le cas du réseau des Hospices).

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